Mémoire technique
Le mémoire technique présente la méthode, les moyens et les garanties d'une entreprise pour un marché public. Il pèse souvent plus que le prix. Structure et conseils.
Mis à jour le 4 septembre 2026
Le mémoire technique est le document rédigé par le candidat pour expliquer comment il compte exécuter le marché : organisation, moyens humains et matériels, méthodologie, planning, mesures de qualité, de sécurité et d'environnement. C'est la pièce sur laquelle l'acheteur note la valeur technique de l'offre.
Comment ça marche
Le Code de la commande publique impose d'attribuer un marché à l'offre économiquement la plus avantageuse, sur la base de plusieurs critères d'attribution ou, dans certains cas, du seul prix. Dès qu'un critère technique existe, le mémoire technique en est le support principal.
Le règlement de consultation précise ce qui est attendu : rubriques, nombre de pages, cadre de réponse imposé, sous-critères et leur pondération. Certains acheteurs fournissent un questionnaire à remplir ; d'autres laissent le candidat libre de sa présentation.
Le mémoire est une pièce de l'offre. Selon le CCAP, il peut devenir contractuel, ce qui signifie que les engagements qu'il contient (délais, effectifs, matériel) sont ensuite exigibles pendant l'exécution.
Ce que ça change pour une entreprise
Le mémoire technique est souvent ce qui fait gagner ou perdre une PME face à un concurrent moins cher. Quelques règles :
- Répondez au CCTP et aux sous-critères dans l'ordre où l'acheteur les a posés, avec les mêmes intitulés, pour faciliter la notation.
- Soyez concret et spécifique au marché : noms des personnes affectées, matériel réellement disponible, planning adapté aux contraintes du site. Un mémoire générique se repère en quelques lignes.
- Apportez des preuves : CV, fiches techniques, certificats, photos de chantiers comparables.
- Respectez strictement le nombre de pages et le format demandés.
- Ne promettez que ce que vous tiendrez, car le mémoire peut vous engager.
Rédigez un mémoire de base par activité, puis adaptez-le sérieusement à chaque consultation. Le temps passé sur le mémoire doit être proportionné au poids du critère technique.
Exemple
La commune de Lussac-la-Forêt lance un MAPA pour la réfection de la toiture de sa salle des fêtes, estimé à 145 000 € HT. Le règlement de consultation fixe le prix à 50 % et la valeur technique à 50 %, notée sur trois sous-critères : méthodologie et planning, moyens humains et matériels, gestion des déchets et sécurité. Une entreprise de couverture rédige un mémoire de douze pages avec un planning semaine par semaine, le nom du chef d'équipe et de ses deux compagnons, la référence de l'échafaudage et une filière de recyclage des ardoises. Elle obtient la meilleure note technique et remporte le marché malgré un prix supérieur de 4 % au moins-disant.
Questions fréquentes
Le mémoire technique est-il toujours demandé ?
Presque toujours dès qu'un critère technique existe. Pour un achat simple jugé sur le seul prix, il peut être absent ou réduit à quelques questions.
Peut-on réutiliser un mémoire d'une consultation à l'autre ?
Comme base, oui. Mais chaque mémoire doit être adapté au marché précis, sous peine de mauvaise note et de perte de crédibilité.
Le mémoire technique engage-t-il l'entreprise ?
Oui s'il est contractuel selon le CCAP, ce qui est fréquent. Les moyens et délais annoncés deviennent alors des obligations.