Dialogue compétitif
Le dialogue compétitif permet à un acheteur public de construire la solution avec les candidats avant de recevoir les offres. Conditions, phases et conseils pour une PME.
Mis à jour le 4 septembre 2026
Le dialogue compétitif est une procédure formalisée dans laquelle l'acheteur public, incapable de définir seul les moyens techniques ou le montage juridique et financier de son projet, dialogue avec les candidats sélectionnés pour élaborer une ou plusieurs solutions, avant de les inviter à remettre une offre. C'est la procédure des projets complexes, là où le besoin est connu mais pas la manière d'y répondre.
Comment ça marche
Le Code de la commande publique ouvre le dialogue compétitif aux pouvoirs adjudicateurs dans les mêmes cas que la procédure avec négociation : besoin non satisfait par des solutions disponibles, solutions innovantes, complexité ou risques particuliers, spécifications impossibles à établir précisément. Les entités adjudicatrices y ont accès librement. La procédure concerne les marchés qui atteignent les seuils européens (140 000 € ou 216 000 € HT pour les fournitures et services selon l'acheteur, 5 404 000 € HT pour les travaux), mais l'acheteur peut aussi y recourir en dessous.
Elle se déroule en trois temps. L'acheteur publie un avis de marché avec un programme fonctionnel décrivant ses besoins et ses objectifs, puis sélectionne les candidats (au moins trois lorsque leur nombre est limité). Vient ensuite la phase de dialogue : des échanges individuels et confidentiels avec chaque candidat, pouvant se dérouler en plusieurs étapes successives qui réduisent le nombre de solutions étudiées. Lorsque l'acheteur estime avoir identifié la ou les solutions adaptées, il clôt le dialogue et invite les candidats restants à remettre une offre finale sur cette base. L'attribution se fait selon les critères annoncés, sans nouvelle négociation de fond.
Le Code permet à l'acheteur de verser des primes aux participants, ce qui est fréquent compte tenu du travail demandé.
Ce que ça change pour une entreprise
Le dialogue compétitif exige un investissement important : plusieurs mois d'échanges, des études, des réunions, une équipe mobilisée. Il concerne surtout de grands projets d'infrastructure, d'informatique ou de bâtiment, où les PME interviennent souvent en groupement ou en sous-traitance d'un mandataire.
Pour une entreprise spécialisée, participer à un groupement candidat permet d'apporter une brique de solution et de peser sur la conception. Il faut vérifier que l'avis prévoit une prime et s'assurer que les idées apportées ne seront pas réutilisées sans accord, car la confidentialité des solutions proposées est un droit des candidats.
Exemple
La métropole de Bordelac veut moderniser la billettique de son réseau de transports, pour un montant estimé à 9 000 000 € HT, sans savoir s'il faut privilégier la carte sans contact, le paiement bancaire ouvert ou une application. Elle lance un dialogue compétitif, sélectionne trois groupements et dialogue pendant six mois. Une PME spécialisée dans les validateurs embarqués, membre du groupement retenu, obtient une part importante du marché.
Questions fréquentes
L'acheteur peut-il révéler ma solution aux autres candidats ?
Non, sauf avec votre accord. La confidentialité des solutions et des informations échangées pendant le dialogue est protégée.
Les candidats sont-ils payés pour participer ?
Le Code prévoit la possibilité de primes. L'avis ou le règlement de consultation en précise le montant et les conditions.
Quelle différence avec la procédure avec négociation ?
Le dialogue porte sur la définition de la solution, avant la remise des offres. La procédure avec négociation porte sur des offres déjà déposées.